Cette page répond à trois questions : ce qu'est le Whois et à quoi il sert, comment lire une fiche Whois sans être technicien, et sur quels critères Jeverifie calcule son indice de fiabilité.
Chaque nom de domaine déposé dans le monde est inscrit dans une base de données tenue par le registre de son extension. Le Whois est le service public qui permet d'interroger cette base. Vous y trouvez la date à laquelle le domaine a été créé, celle où il expirera s'il n'est pas renouvelé, le bureau d'enregistrement par lequel il a été déposé, les serveurs de noms qui le font fonctionner et, quand la réglementation le permet, l'identité du titulaire.
Le protocole date du début des années 1980 et n'a jamais été normalisé dans sa présentation. C'est pourquoi la réponse ne ressemble pas à un formulaire propre mais à un bloc de texte dont la mise en forme change d'une extension à l'autre. Le fond, lui, est toujours le même.
Le Whois sert aussi dans l'autre sens : savoir si un nom de domaine est libre, ou à quelle date il pourrait le redevenir. Un domaine expiré ne devient pas immédiatement disponible, il traverse d'abord une période de grâce puis une période de rédemption pendant lesquelles seul l'ancien titulaire peut le récupérer.
Voici les champs que vous rencontrerez le plus souvent et ce qu'ils vous apprennent réellement.
| Champ | Ce qu'il signifie | Ce qu'il vous apprend |
|---|---|---|
| Domain Name | Le nom de domaine interrogé | Vérifiez qu'il correspond exactement à celui que vous avez saisi |
| Creation Date, created | Date du premier dépôt | Le critère le plus parlant. Moins de six mois appelle la prudence |
| Registry Expiry Date | Date d'expiration | Une échéance lointaine traduit un projet installé |
| Updated Date | Dernière modification | Une modification récente sur un domaine ancien peut signaler un rachat |
| Registrar | Bureau d'enregistrement | Reste public même quand le titulaire est masqué |
| Registrant Organization | Titulaire déclaré | Une société identifiable est plus rassurante qu'un anonyme |
| Registrant Country | Pays déclaré du titulaire | À croiser avec ce que le site affirme sur lui même |
| Name Server, nserver | Serveurs DNS | Révèlent souvent l'hébergeur réellement utilisé |
| Domain Status | État du domaine | Un état de type hold signale une suspension |
| Redacted for privacy | Coordonnées masquées | Situation devenue banale depuis le RGPD, pas un signal négatif isolé |
Pour les extensions comme le .com, le registre ne renvoie qu'une fiche réduite contenant les dates et le nom du registrar. Jeverifie détecte ce cas et interroge automatiquement le serveur du registrar pour obtenir la fiche complète, ce qui permet d'afficher le titulaire quand il est publié.
Depuis janvier 2025, l'ICANN n'impose plus aux registres de maintenir un service Whois sur le port 43. Le protocole officiel est désormais le RDAP, pour Registration Data Access Protocol. Il renvoie les mêmes informations, mais sous forme de données structurées interrogées en HTTPS, avec une gestion propre des droits d'accès et des champs masqués.
Plusieurs extensions ont déjà fermé leur serveur Whois historique, notamment le .info et le .pro. Une recherche classique sur ces domaines ne renvoie plus qu'un message d'erreur. Jeverifie le détecte automatiquement : quand aucun serveur Whois ne répond, l'outil consulte le registre officiel des services RDAP tenu par l'IANA, interroge le bon service et affiche les données obtenues. Vous n'avez rien à faire, seule la présentation de la fiche change.
Le mouvement va se poursuivre extension par extension dans les années qui viennent. Le mot Whois restera probablement dans le langage courant, comme il est employé sur ce site, même quand la technique sous-jacente aura entièrement changé.
L'indice est une note sur 100 calculée à chaque recherche, à partir de données objectives collectées en direct. Il ne repose sur aucune liste noire, aucune déclaration d'utilisateur et aucun avis. Le barème est le suivant.
| Critère | Effet sur la note | Pourquoi |
|---|---|---|
| Ancienneté du domaine | Jusqu'à 50 points, environ 0,85 point par mois | La quasi-totalité des sites frauduleux vivent moins de six mois |
| HTTPS avec certificat valide | 20 points, 8 points si le certificat n'est pas vérifiable, moins 15 en l'absence de HTTPS | Minimum indispensable dès qu'un formulaire existe |
| Pages légales détectées | 15 points, moins 10 si aucune n'est trouvée | Obligation légale pour tout site marchand français |
| Expiration lointaine, au moins 24 mois | 10 points | Traduit un engagement dans la durée |
| Expiration imminente, 3 mois ou moins | Moins 15 points | Signe d'une activité qui se termine |
| Coordonnées publiques au Whois | 5 points, moins 5 si elles sont masquées | La transparence reste un indice, sans être décisive |
| Site joignable, code 2xx ou 3xx | 5 points, moins 15 si le site est en erreur | Un site inaccessible ne peut pas être évalué favorablement |
| Pays d'enregistrement sensible | Note multipliée par 0,4 | Concentration statistique de domaines jetables |
Le résultat est ensuite ramené entre 0 et 100. Au dessus de 75, rien d'anormal n'a été détecté. Entre 45 et 74, le site est jeune ou incomplet et mérite des vérifications supplémentaires. En dessous de 45, plusieurs signaux faibles se cumulent.
Non, et il est important de le dire clairement. L'indice mesure des indices matériels, pas des intentions. Il produit deux types d'erreurs qu'il faut connaître.
Les faux négatifs d'abord. Une association créée le mois dernier, un artisan qui ouvre sa première boutique, un blog personnel sans mentions légales obtiendront une note médiocre alors qu'ils sont parfaitement honnêtes. Une note basse signifie qu'il manque des éléments rassurants, pas qu'une fraude a été détectée.
Les faux positifs ensuite. Un escroc patient peut acheter un domaine expiré ancien, souscrire un certificat, publier de fausses mentions légales et obtenir un bon score. C'est plus coûteux et plus rare, mais c'est possible.
L'indice doit donc être utilisé comme un premier filtre, à compléter par les vérifications décrites sur la page reconnaître un site frauduleux et, pour un achat, par la méthode détaillée dans acheter en ligne en sécurité.
Le premier conseil est celui que vous appliquez déjà en consultant cette page : vérifier avant d'agir plutôt qu'après.
Contrôlez systématiquement l'adresse affichée dans la barre du navigateur. Une seule lettre suffit à changer de site. Lisez l'adresse à partir de l'extension et remontez vers la gauche : le propriétaire réel est celui dont le nom précède immédiatement l'extension.
Utilisez des mots de passe longs et différents pour chaque service. Un mot de passe réutilisé transforme la fuite d'un site sans importance en compromission de votre messagerie et de votre banque. Un générateur gratuit est disponible sur motdepasse.pro.
Évitez de cliquer sur les liens reçus par courriel ou par message. Une notification de livraison, un remboursement d'impôt ou une alerte bancaire se vérifient en tapant vous même l'adresse du service concerné, jamais en suivant le lien fourni.
Ne communiquez jamais un numéro de carte bancaire, un code reçu par message ou une copie de pièce d'identité dans une conversation, quel qu'en soit le prétexte. Aucun conseiller bancaire légitime ne demande un code de validation.
Pour un premier achat sur un site inconnu, demandez à votre banque un numéro de carte à usage unique. Le numéro devient inutilisable après la transaction, ce qui neutralise les prélèvements ultérieurs.
En France, le portail cybermalveillance.gouv.fr accompagne les victimes et le service internet-signalement.gouv.fr permet de signaler un site frauduleux de façon anonyme. Chaque signalement compte : c'est leur accumulation qui déclenche la fermeture des sites.
Si vous avez déjà payé, ne perdez pas de temps et suivez les démarches décrites sur la page que faire en cas d'arnaque en ligne.